Ce livre est un roman historique policier qui se déroule à Paris sous l’Occupation. Le héros est inspecteur de Police dans un groupe d’enquête, il essaye de passer entre les gouttes de ces terribles événements en se focalisant sur son cœur de métier, arrêter les vrais truands, pas les ennemis de la Révolution nationale (les juifs ou les résistants). Mais, dans ce moment d’Histoire on a l’impression qu’on doit être un super héros ou un super salaud pour survivre. Ce livre interroge la conscience professionnelle du policier dans les moments de doute démocratique.
L’Affaire Amy Bird
Une affaire. Une femme. Une martyre.
Je m’appelle Camilla Jouhanson, C.J pour les plus intimes. Il y a peu, j’ai reçu sur mon bureau le dossier d’Amy Bird. Une femme violée par l’un des criminels les plus recherchés du pays.
Dans ma lutte incessante contre l’injustice, je me retrouve touchée en plein coeur, prise au piège dans un combat que je ne cesse d’alimenter par de multiples questions. Pourquoi ce prédateur sexuel s’obstine-t-il à tourmenter cette pauvre Amy ? Et à moi, pourquoi m’adresse-t-il une énigme ? Ce sont là autant de questions qui me pousseront à enquêter avec mon co-équipier, mais pas que… Et déterrer des histoires de mon passé.
Et si cette affaire n’était en réalité qu’une simple petite histoire de famille ?


Dany –
Résumé synthétique
Le récit suit un commissaire parisien en proie à ses démons personnels et tenu de résoudre une série d’affaires troubles dans les quartiers obscurs de la capitale. Dès les premières pages, une atmosphère oppressante s’installe : un mélange de pluie grise, de ruelles mal éclairées et de personnages ambigus.
Points forts
Atmosphère immersive
Rémy Borel excelle à capter l’ambiance lourde d’un Paris nocturne, où la brume semble couvrir chaque vérité maléfique. Le lecteur est pris à la gorge par l’oppression subtile d’un décor presque vivant.
Portrait psychologique affiné
Le commissaire, loin du cliché du héros infaillible, est un homme halluciné par ses cauchemars et rongé par les remords. Cette humanité nuancée le rend profondément attachant et crédible. On ressent sa fatigue, son désespoir, sa rage contenue.
Rythme maîtrisé
L’intrigue se déploie en crescendo, entre bribes de dialogues percutants et moments de halte presque poétiques. L’alternance entre scènes d’action tendues et passages plus introspectifs permet de garder le lecteur en tension sans le brusquer.
Thématique morale
Le livre interroge la conscience professionnelle du policier dans les moments de doute démocratique, en l’occurrence l’Occupation surtout si vous n’êtes ni un super salaud ni un super héros.
Points à nuancer
Quelques longueurs introspectives
Par moments, les soupirs intérieurs du personnage principal s’étendent un peu trop, ralentissant légèrement la progression de l’enquête. Les lecteurs en quête d’un polar exclusivement axé sur le rythme pourraient y trouver une respiration excessive.
Certains personnages secondaires un peu en retrait
Si le héros est finement travaillé, d’autres protagonistes – collègues, témoins ou suspects – manquent parfois de relief. Leur présence sert l’intrigue, mais ils restent parfois en zone grise, peu explorés psychologiquement.
Style et écriture
La plume de Rémy Borel est sobre, marquée par une économie de mots efficace. Pas de fioritures : chaque phrase vise à installer la tension ou nourrir le personnage. L’évocation des lieux – un appartement insalubre, un bureau cramponné à l’espoir, une cave humide – est précise, sensorielle, et contribue à faire de Paris un personnage apocalyptique à part entière.
Conclusion
Un flic dans la brume est un polar dense, intense et visuellement puissant. A la croisée de l’enquête policière et de l’étude d’une âme en crise, le roman touche par son honnêteté, ses émotions crues et son ancrage fort dans une capitale bruineuse, sans fard. Ce mélange de thriller et d’introspection en fait une œuvre marquante, qui saura séduire aussi bien les amateurs de suspense que ceux en quête de noirceur psychologique.
Style du livre : 8/10
Le style est sobre, précis, et efficace. Rémy Borel manie la plume avec retenue, sans effets inutiles, ce qui rend la lecture fluide et immersive. Il excelle à planter des ambiances lourdes en peu de mots. Le choix de la concision sert bien l’atmosphère du roman.
Petit bémol : ce style dépouillé pourra paraître trop austère à ceux qui aiment une écriture plus poétique ou flamboyante.
Son histoire : 7.5/10
L’intrigue est solide, bien rythmée, et porte une vraie réflexion morale. L’idée de suivre un flic rongé par ses dilemmes ajoute une vraie densité narrative.
Ce qui freine un peu la note : ce n’est pas une histoire « révolutionnaire » dans sa structure. On retrouve des ressorts classiques du polar noir, parfois un peu attendus.
Son suspense / sa capacité à retenir le lecteur : 8.5/10
L’auteur maîtrise bien la montée en tension. Il insuffle une ambiance qui colle à la peau, avec un équilibre réussi entre les scènes de terrain et les phases introspectives.
Le suspense ne repose pas seulement sur l’action, mais aussi sur la tension psychologique du héros, ce qui donne une profondeur supplémentaire.
Très bon point : le lecteur est captif plus par l’atmosphère et le personnage que par un simple enchaînement d’événements.
La fin du livre : 7/10
La fin apporte une forme de conclusion cohérente et juste. Elle est dans la lignée du ton général du livre : sombre, réaliste, modeste.
Chacun à sa manière appréciera ou pas mais personnellement je pense sincèrement qu’elle séduira et surprendra beaucoup de lecteurs.
Moyenne générale (approx.) : 7.8/10
C’est donc un roman solide, sombre et bien écrit, qui se distingue par sa cohérence stylistique et la densité psychologique de son personnage principal. Ce n’est pas une oeuvre-choc, mais plutôt un roman noir maîtrisé, ancré dans la brume d’un Paris désenchanté.
Note finale : 4 étoiles sur 5
Pourquoi cette note ?
Les points forts qui justifient 4 étoiles :
Une ambiance réussie : la brume, la pluie, le silence lourd des rues parisiennes… tout est là pour plonger le lecteur dans un polar noir crédible et presque cinématographique.
Un personnage principal humain et profond : on est loin du cliché du « flic dur et invincible ». Ici, le commissaire est vulnérable, hanté, ce qui le rend particulièrement touchant.
Un style d’écriture épuré mais expressif : l’auteur va droit au but, ce qui renforce l’efficacité dramatique sans alourdir la lecture.
Pourquoi pas 5 étoiles ?
L’intrigue reste classique : bien menée, mais elle ne casse pas les codes du genre ni ne prend de risque narratif majeur.
Quelques longueurs dans l’introspection et des personnages secondaires qui auraient mérité plus de consistance.
La fin manque d’un vrai coup d’éclat : elle est cohérente, oui, mais elle n’offre pas ce moment de grâce ou de surprise que certains lecteurs attendent en dernier acte.
Conclusion
C’est un excellent polar noir, particulièrement adapté à ceux qui aiment les romans d’ambiance, les personnages écorchés et les récits à la fois réalistes et introspectifs.
Une quatrième étoile bien méritée, la cinquième aurait demandé un peu plus d’audace narrative ou d’originalité structurelle.