Marie LELANDAIS / « Le prix de vertu » / 1861/1902 – PARIS-FLERS
3ème et dernier opus de cette saga historique !
1861, Jacques-François LOUVEL, banquier de Domfront et protecteur de Marie, meurt brutalement et bizarrement. La banqueroute est inévitable.
Paul-Prosper, le frère et associé de la banque Louvel frères, et directeur de la ferme-école du Saut-Gautier, disparaît à son tour. Seule la veuve doit faire face aux créanciers et sa ruine est inévitable.
Marie, sans hésiter et fidèle à la promesse qu’elle fit à son maître sur son lit de mort, décida de sauver sa famille du déshonneur et du scandale en fuyant avec elle et ses enfants pour la capitale, laissant derrière elle, son pays, sa famille, son amour.
Réussira-t-elle à survivre dans ce Paris misérable de ce début de 19ème siècle où une foule de personnes s’engouffre pour se noyer dans la masse ? Neuf ans plus tard, la guerre est annoncée. À nouveau, il faut fuir, se battre et recommencer…
L’auteure, Guylaine Bisson, originaire de Bellou-en-Houlme, un petit village de l’Orne a depuis sa tendre enfance, été passionnée de généalogie et d’histoire locale.
Le hasard, peut-être guidé par Marie Lelandais, lui a mis entre les mains l’écrit que Julien Salles, Maire de Flers dans l’Orne, a transmis à l’académie française en 1902. Ce texte, relatant les grandes lignes de la vie de Marie Lelandais, fut retenu par les académiciens qui décidèrent de lui attribuer le Prix Monthyon ou Prix de Vertu, haute récompense pour son sacrifice et son dévouement.
De ce mémoire, Guylaine Bisson a su, à force de recherches, d’enquêtes, de lecture, en faire un roman, décliné en 3 volumes, digne d’une série télévisée.
La façon dont Marie perçoit et raconte sa vie, avec force, énergie et humour, donne à ce roman, parallèlement à son histoire, une étonnante vision de l’histoire de France de ce 19ème siècle.
Le roman de l’histoire de Marie Lelandais, ne se lit pas tout simplement, il se dévore.
Dany –
Dans Une vie de flic, Éric Oliva plonge le lecteur dans l’univers fascinant et parfois brutal du métier de policier, tout en offrant un récit qui va bien au-delà du simple témoignage. À travers ses mots, l’auteur nous fait vivre les émotions et les dilemmes d’un homme pris dans la tourmente de son engagement, où le quotidien devient à la fois un fardeau et une passion.
Le livre est construit comme une réflexion intime sur l’évolution personnelle d’un flic, qui passe par des moments de doute, de questionnement et de lucidité, tout en étant immergé dans un environnement professionnel souvent déshumanisé. Loin des clichés d’un policier héroïque, Eric Oliva nous livre une vision plus nuancée et complexe de cette vie. C’est une plongée dans l’âme d’un homme qui, malgré les violences et les absurdités de son métier, tente de garder une part d’humanité et de dignité.
La force de ce récit réside dans sa capacité à rendre compte de la réalité quotidienne de la police, sans tomber dans le sensationnalisme. Eric Oliva n’hésite pas à aborder des sujets délicats, comme les tensions entre les policiers et la société, les conflits internes au sein des forces de l’ordre, ainsi que la gestion des traumatismes liés à un métier exposé à la violence. Toutefois, au-delà de ces aspects sociaux et professionnels, l’auteur s’intéresse aussi à l’aspect psychologique du flic, qui se trouve souvent pris dans une spirale où ses actions, ses choix et son identité se trouvent entremêlés.
L’écriture d’Éric Oliva est sans fard, directe et parfois même brute, ce qui accentue l’intensité du propos. Cependant, cette crudité n’est jamais gratuite : elle sert à accentuer l’émotion et à mettre en lumière la fragilité du personnage principal. L’auteur évite de tomber dans le pathos, préférant laisser à son lecteur le soin de saisir la complexité de la situation. Il nous invite ainsi à une réflexion plus large sur la vocation, l’isolement et la remise en question.
Ce livre est aussi une chronique sociale qui interroge le rôle de la police dans la société contemporaine. En effet, à travers le regard de ce policier, c’est tout un système et ses failles qui sont scrutés : la déshumanisation des procédures, l’absurdité de certaines missions, et la tension constante entre l’envie de protéger et la nécessité de suivre des ordres. Le récit nous pousse à nous interroger sur le sens de la justice et sur la place de l’individu dans ce système souvent aveugle.
Ce qui ressort également du livre, c’est la profondeur des personnages secondaires. Ils ne sont pas simplement des figurants dans l’histoire d’un flic, mais des figures avec leur propre complexité, qu’il s’agisse de collègues, de supérieurs ou de victimes. Chacun d’entre eux apporte une dimension supplémentaire au récit, en montrant que, derrière chaque uniforme et fonction, se cache une personnalité, une histoire, des blessures.
Enfin, Une vie de flic se distingue par sa dimension introspective. Éric Oliva ne nous offre pas seulement un livre sur la police, mais un véritable questionnement sur le rôle de l’individu face à l’institution, sur la manière dont une carrière peut marquer une vie, mais aussi sur la quête perpétuelle de sens et d’humanité dans un monde parfois trop dur.
Conclusion : Une vie de flic est un livre qui ne laisse pas indifférent. Il bouscule, questionne, émeut. Ce n’est pas simplement une chronique du quotidien d’un policier, mais une réflexion sur le métier, la société, et les êtres humains. Éric Oliva réussit à nous transporter dans son univers, avec une sincérité et une profondeur remarquable, loin des clichés et des simplifications faciles. Il invite chacun de nous à prendre du recul et à réfléchir à ce que signifie être flic, mais aussi être humain dans un monde souvent cruel.
1. Style du livre : 8/10
Le style d’Éric Oliva est direct, brut et sans fioritures, ce qui convient parfaitement au genre et au sujet qu’il aborde. Il n’hésite pas à plonger dans la psychologie de son personnage principal avec une certaine profondeur, ce qui rend le récit plus intime. Le langage est parfois dur, mais c’est aussi ce qui rend la lecture authentique et percutante. Cependant, si l’on peut apprécier cette approche franche, certains lecteurs pourraient la trouver un peu trop dépouillée ou parfois un peu monotone dans sa sobriété. Un peu plus de variations stylistiques ou de moments plus lyriques auraient peut-être apporté une autre nuance à l’ensemble.
2. Son histoire : 9/10
L’histoire est sans doute l’un des points forts du livre. Elle est originale dans le sens où elle nous permet de découvrir la vie d’un policier sous un angle humain, loin des clichés habituels. Au-delà des scènes d’action ou de tension, le livre met en lumière les dilemmes internes du personnage, sa remise en question, et ses conflits personnels. C’est une histoire riche qui se distingue par sa dimension introspective et sociale, mais aussi par son réalisme. Le seul petit bémol pourrait être qu’il arrive parfois que le rythme se ralentisse un peu, ce qui peut laisser un sentiment d’attente avant que l’histoire ne reprenne un peu plus d’élan.
3. Son suspens ou sa façon de retenir le lecteur : 7/10
Le suspense dans Une vie de flic est assez particulier. Il ne s’agit pas d’un thriller haletant ou d’une intrigue pleine de rebondissements. Le livre mise davantage sur la tension psychologique et les conflits intérieurs du personnage principal. Cela dit, même si ce n’est pas un suspense traditionnel, il réussit à maintenir l’intérêt du lecteur grâce à l’intensité de la réflexion et à la manière dont les dilemmes du flic sont explorés. Certains moments peuvent paraître plus lents ou moins captivants en raison de l’aspect plus introspectif de l’histoire. Mais au final, le livre réussit à garder l’attention en jouant sur les émotions humaines complexes plutôt que sur l’action pure.
4. La fin du livre : 8/10
La fin du livre est plutôt réussie, car elle reste fidèle à l’esprit du récit : réaliste et empreinte de réflexion. Elle ne se veut pas spectaculaire ou parfaitement résolutive, mais elle offre une conclusion qui semble logique au regard de l’évolution du personnage. Elle laisse une place à l’interprétation et ne donne pas de réponse facile aux questions soulevées tout au long du livre. Cependant, certains lecteurs pourraient attendre une fin un peu plus cathartique ou marquante, un épilogue plus grandiose. Mais cette approche plus subtile et moins convenue fait écho au ton du livre, qui privilégie la sincérité à l’overdose émotionnelle.
Dans l’ensemble, Une vie de flic se démarque par sa profondeur et son approche réaliste du métier de policier. Les quelques zones de lenteur ou d’introspection peuvent freiner l’intensité pour certains, mais l’histoire et le style restent de très bonne facture.
Note finale : 4 étoiles sur 5
Points forts : L’histoire, profondément humaine et réaliste, est l’un des aspects les plus marquants du livre. L’auteur réussit à nous offrir un regard authentique sur la vie d’un policier, loin des clichés. Le style, bien que parfois brut, a le mérite d’être sincère et de parfaitement servir le récit. De plus, la fin, bien que discrète, est intelligente et fidèle à l’ensemble de l’oeuvre.
Points à améliorer : Le suspense, ou plutôt la façon de tenir le lecteur, peut être perçu comme un peu trop introspectif ou lent à certains moments. L’absence de grands rebondissements ou de moments de tension forte peut rendre la lecture parfois moins palpitante pour ceux qui cherchent davantage de rythme. Toutefois, ce n’est pas un défaut pour tout le monde, car cela renforce l’aspect plus réfléchi et intime du livre.
En résumé, Une vie de flic est un très bon livre, réfléchi et bien écrit, mais qui manque peut-être d’une petite dose de dynamisme pour être parfait. La profondeur des personnages et la réalité sociale et psychologique sont remarquablement bien traitées, ce qui mérite largement une note de 4 étoiles. C’est un livre qui saura toucher ceux qui recherchent plus de réflexion que d’action pure.